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Intérêts composés : comprendre avant de calculer

· 6 min de lecture

Tout le monde cite Einstein et la huitième merveille du monde. Personne ne vérifie qu’il l’ait jamais dit, et surtout personne n’explique ce qui se passe réellement. Voici le mécanisme, sans mystique.

Le principe, en une phrase

Tes intérêts produisent eux-mêmes des intérêts. La première année, tu gagnes sur ton capital. La deuxième, tu gagnes sur ton capital et sur les gains de la première année. Répété suffisamment longtemps, cet effet devient la part dominante du résultat.

Un exemple parlant : 10 000 F placés à 10 % par an deviennent 11 000 F après un an. La deuxième année rapporte 1 100 F, pas 1 000 — les 100 F de différence sont des intérêts sur les intérêts. Dérisoire au début, décisif au bout de vingt ans.

Le temps compte plus que la somme

C’est le point le plus contre-intuitif, et de loin le plus important. Quelqu’un qui place 10 000 F par mois pendant dix ans puis s’arrête finit souvent devant quelqu’un qui place la même somme pendant vingt ans mais commence dix ans plus tard. Le premier a versé deux fois moins d’argent.

La raison est mécanique : les versements des premières années ont le plus de temps pour travailler. Un franc placé aujourd’hui vaut plus qu’un franc placé dans cinq ans, non pas à cause de l’inflation, mais parce qu’il a cinq années de capitalisation d’avance.

La conséquence pratique est désagréable à entendre : attendre d’avoir « assez » pour commencer coûte plus cher que de commencer petit.

Ce que les simulateurs ne disent pas

Un simulateur te demande un taux annuel et le suppose constant. Les marchés, eux, ne montent pas de 10 % chaque année : ils font +25 %, puis −18 %, puis +6 %. La moyenne peut ressembler à 10 %, le chemin n’a rien à voir, et c’est le chemin qui décide si tu tiens ou si tu vends au pire moment.

Deuxième angle mort, plus sournois : la capitalisation. Un versement mensuel capitalisé une fois par an ne donne pas le même résultat que capitalisé chaque mois — l’écart atteint plusieurs pour cent sur vingt ans. Si un simulateur ne précise pas sa convention, ses chiffres ne sont pas comparables à ceux d’un autre.

Troisième oubli : les frais et la fiscalité ne figurent jamais dans la projection. Un pour cent de frais annuels, c’est un pour cent retranché à ton taux, chaque année, et composé lui aussi.

Comment s’en servir honnêtement

Un simulateur n’est pas une prévision. C’est un instrument pour comparer des décisions entre elles : commencer maintenant ou dans trois ans, verser 20 000 ou 50 000 par mois, viser dix ans ou vingt. Les écarts relatifs qu’il montre sont instructifs. Le montant final affiché, lui, ne se réalisera pas.

Fais l’essai avec un taux volontairement prudent, puis avec un taux optimiste. Si ton projet ne tient que dans le second cas, ce n’est pas un projet, c’est un pari.

Notre calculatrice capitalise les versements chaque mois et applique exactement le taux annuel que tu saisis — pas un taux proportionnel qui gonflerait discrètement le résultat. Elle est gratuite et ne demande aucune inscription.

Essayer la calculatrice

Cet article est pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement. Tout placement comporte un risque de perte en capital — nos avertissements.